Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Sur le tournage de « Un café à Pantin » j’ai eu la chance de travailler en qualité de scripte. La scripte se présente au tournage avec deux documents dont elle ne se séparera jamais pendant son travail : le pré-minutage et la continuité.

Ici je vous parlerai du pré-minutage.

Lorsque la scripte prend connaissance d’un scénario définitif, elle chronomètre chaque séquence pour obtenir la durée réelle du film terminé. Elle lit à haute voix les répliques, et mime les mouvements des personnages (didascalies) autant que faire se peut, en se basant sur les indications du réalisateur en termes de jeu d’acteur souhaité.

Grâce à cet outil incontournable, la scripte a la possibilité de comparer l’estimation (pré-minutage) au réel (minutage) lors du tournage des séquences. Les écarts sont immédiatement visibles, et il s’agit d’un indicateur objectivement vérifiable qui permet d’alerter la production lors d’écarts sensibles (en excès ou en défaut).

L’équipe Plus Belle La Vie de France3 procède à un premier pré-minutage courant le mois de février : Marseille nous transmet le détail minuté de chaque séquence pour arriver à une estimation de la durée de 0:20:00.

Pour ma part, le moment arrive le 05 mars dernier avec l’examen de la dernière version du scénario de « Un café à Pantin » travaillée en atelier écriture.

Exercice loin d’être facile pour moi. Comment minuter deux éléments distincts : les didascalies (actions et états d’âme des personnages) et les répliques ? Pour contourner ces difficultés, j’invente un système.

Je commence par découper les répliques en sous répliques pour simplifier la lecture à haute voix. Je sors 380 « sous-répliques » pour 0:11:00 de temps parole (hors génériques). Ce résultat a du sens, c’est bon.

Vas-y Ilaria, allons maintenant allons trouver les 0:09:00 restant …

Ce jeu d’acteurs, qui se révèle aussi difficile à jouer d'emblée… Je continue avec mon système : je morcelle les didascalies en sous-didascalies. Je sors 240 sous-didascalies (un verbe = 1 sous-didascalie). Rien à faire, je reste dans mon impasse (je me disais que si j’avais eu même une toute petite expérience en récitation cela m’aurait sans doute aidée !), et je me suis trompée carrément de méthode.

Alors, j’ai demandé de l’aide à Stéphane MASSARD lequel m’a mis en contact avec la production de Marseille. Virginie AUGUSTE, LA scripte qui minute les épisodes de Plus Belle La Vie, m’a contactée.

J’ai beaucoup apprécié la réponse de Virginie (que j’ai eu le plaisir de revoir à Marseille), aussi rapide qu'instructive!

« Pour le minutage y a pas 50 solutions : il faut chronométrer la scène ( action et dialogues en même temps ) en la jouant dans son intention ( colère, émotion, tristesse, pleure ...). Mieux vaut être tranquille dans son coin pour pouvoir au mieux exprimer ses talents de comédiens . On ne peut minuter que ce que le scénario décrit ... Quand on manque de détails ( ex une bagarre ça peut durer 10 secondes ou deux minutes ! ) ... Le mieux c'est de demander au réalisateur comment il voit la scène ...

Et d'une manière générale , le minutage n'est jamais une science exacte ! Il est normal qu'il y ai des variations entre ce qui est prévu et ce qui sera tourné au réel . Plus ça se rapproche de la réalité mieux c'est ! »

Fascinée par cette tâche, j’ai donc essayé dans mon coin de faire simple cette fois-ci, mais la difficulté est restée : " chronométrer la scène ( action et dialogues en même temps ) en la jouant dans son intention ( colère, émotion, tristesse, pleure ...)".

Ça a été un exercice fort sympathique, en tout cas.

Au final, ça a été ma super tutrice Nathalie NIVOIX qui a pris en charge le pré-minutage de la version tournage du 24 avril (0:20:20). On peut encore raccourcir ! L’équipe de France 3 reprend en main le scenario et le 28 avril nous sommes à 0:20:05 (hors génériques).

Lors du tournage, pré-minutage à la main on passe au minutage.

Chronomètre au cou et un casque pour bien entendre ce que l’on enregistre, ce n’est pas une mince affaire non plus. En fait, plusieurs plans sont filmés pour une même séquence, et ceci plusieurs fois même. Ce qui implique que le minutage d’une séquence lors du tournage est lui-aussi une estimation (le montage retravaille tout ce qui est filmé et chronométré, donc il ne s’agit d’exactitude là non plus), qui se peaufine (avec réflexion) grâce au pré-minutage .

A la fin du dernier jour du tournage, avec l’aide précieux de mes super tutrices Nathalie NIVOIX et Clémence COLOMBANI, qui m’ont accompagnée, aidée et conseillée du premier au cinquième jour de tournage, nous remettons à Laurent GRATICOLA le Rapport de Production, qui enregistre le cumul des minutages des séquences.

« Un café à Pantin » fait 0:18:45 en production, 0:20:00 en pre-minutage, donc c’est bon, le directeur de production est satisfait : aucun risque encouru !

Maintenant la question se pose : quelle sera la durée réelle en post-production ?

Rendez-vous au ciné 104 et …. n’oubliez pas le chronomètre !

Publicité
Tag(s) : #Paroles de participants, #coulisses & métiers
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :